Cet article ne se veut pas un article scientifique, il est davantage une réflexion personnelle basée sur mon vécu d'entraîneur.
À plusieurs reprises au cours de ma carrière, un parent m'a posé une excellente question qui tournait autour de l'idée suivante: est-ce que c'est mieux pour un joueur d'être suivi par le même entraîneur toute sa carrière ou le joueur doit-il changer d'entraîneur en cours de route ?
Malheureusement, il n'y pas de réponse toute faite à cette question. Il faut y aller au cas par cas et se poser quelques questions pour ensuite pouvoir prendre une décision.
Et encore, la réponse à la question ne sera plus la même suivant la période de la carrière du joueur.
Quelques idées qui pourraient orienter les joueurs, parents et entraîneurs dans ce difficile choix.
À plusieurs reprises au cours de ma carrière, un parent m'a posé une excellente question qui tournait autour de l'idée suivante: est-ce que c'est mieux pour un joueur d'être suivi par le même entraîneur toute sa carrière ou le joueur doit-il changer d'entraîneur en cours de route ?
Malheureusement, il n'y pas de réponse toute faite à cette question. Il faut y aller au cas par cas et se poser quelques questions pour ensuite pouvoir prendre une décision.
Et encore, la réponse à la question ne sera plus la même suivant la période de la carrière du joueur.
Quelques idées qui pourraient orienter les joueurs, parents et entraîneurs dans ce difficile choix.
1) Premièrement, quel est l'objectif final du joueur ?
Est-ce que c'est de devenir un des meilleurs joueurs(eues) au Québec, au Canada, en Amérique du Nord ou au Monde. Ou encore est-ce que le joueur fait ce sport pour apprendre à mieux se connaître, à évoluer, à progresser dans la vie en général et il se sert de la compétition et de l'entraînement comme outils?
Si un joueur veut devenir un des meilleurs joueurs du Canada, d'Amérique du Nord ou du monde, il devra probablement s'expatrier dans d'autres régions ou pays et avoir différents entraîneurs au cours de sa carrière. Il peut par contre garder un mentor dans son club ou son pays d'origine qui sera là pour l'aider à voir clair lorsqu'il ne sait pas quelles décisions prendre.
Par contre, il y a des avantages à garder le même entraîneur durant toute sa carrière. Ce dernier va connaître son joueur sur le bout de ses doigts et vice-versa. Pourquoi ? Parce qu'un joueur élite passe plus de temps avec ses entraîneurs et partenaires d'entraînement qu'avec sa propre famille: 30 heures et plus par semaine si on inclut les compétitions. Et ça pour certains joueurs qui visent davantage une évolution personnelle dans un cadre de résultats plus réalistes, ça vaut de l'or en barre. L'entraîneur et le joueur finissent par se connaître tellement que ça aide à l'évolution du joueur.
2) La spécialité et la compétence de l'entraîneur, mais aussi la relation entraîneur-athlète
Est-ce que tous les entraîneurs peuvent former un champion du Monde ? Bien sûr que non. Est-ce que l'entraîneur du Champion du Monde pourra bien former des joueurs débutants ? Pas nécessairement.
Chaque entraîneur a sa spécialité en termes de clientèle et il est très utopique de penser qu'un entraîneur peut être excellent avec toutes les clientèles.
Examinons le petit tableau suivant qui provient de l'association canadienne des entraîneurs et que nous appliquons au tennis de table:
• Stade 1 : Enfant actif (0-6 ans)
• Stade 2 : S’amuser grâce au sport (filles 6-8, garçons 6-9)
• Stade 3 : Apprendre à s’entraîner (filles 8-11, garçons 9-12)
• Stade 4 : S’entraîner à s’entraîner (filles 11-15, garçons 12-16)
• Stade 5 : S’entraîner à la compétition (filles 15-21, garçons 16-23)
• Stade 6 : S’entraîner à gagner (filles 18+, garçons 19+)
• Stade 7 : Vie active (participants de tout âge)
Chaque stade correspond quelque peu à la spécialité d'un entraîneur. Personnellement, je me considère plus spécialisé dans les stades 4 et 5. J'ai formé des champions certes, mais pas des champions du Monde. Je suis davantage un entraîneur provincial/national (Championnat Canadien) et je n'ai jamais eu l'ambition d'être un entraîneur national sauf dans une période de ma vie d'entraineur.
Pourquoi ? À cause de mes intérêts personnels bien entendu. J'aime travailler davantage avec les adolescents et les jeunes adultes (22-23 ans) dans un cadre éducatif dans lequel je me sers du sport et de la compétition pour arriver à mes fins. Gagner pour moi est un outil, mais pas une fin en soi.
L'entraîneur du stade 6 peut lui aussi avoir une vision éducative, mais la notion de compétition, de "gagner" prendra beaucoup plus d'importance et même parfois le dessus; son emploi dépendant souvent des résultats; ça se comprend. Et il aura à travailler avec des adultes et non plus des adolescents: nuance…. Parfois il aura à travailler avec des jeunes adultes qui ont progressé plus vite que les autres mais c'est l'exception.
Il y a aussi les styles d'entraîneur: certains sont directifs, d'autres vraiment militaires, d'autres sont démocratiques et certains sont même laisser-faire. Chaque style a ses avantages et inconvénients. Et il est évident qu'un entraîneur d'un style particulier ne conviendra pas à tous les joueurs.
Comme entraîneur, j'ai davantage un style démocratique, laisser-faire. Je peux faire preuve de beaucoup d'autorité; mais je vis très mal dans ce type d'environnement. Je travaille à rendre mes joueurs autonomes et je suis là pour les soutenir. Et bien, mauvaise nouvelle, ça ne marche pas avec tous les joueurs. Les joueurs moins autonomes et qui veulent plus d'encadrement ou qui ont besoin de plus de discipline progressent moins avec moi comme entraîneur.
C'est un peu comme l'École Alternative, ce n'est pas magique et ça ne convient pas à tout le monde.
Suite à une analyse de ces différents éléments, le joueur, le parent, l'entraîneur peuvent prendre une décision plus éclairée pour savoir s’ils doivent ou non changer d’entraîneur.
3) Le milieu: le club, les partenaires, les compétitions
Il est certain que lorsqu'un joueur est nettement le meilleur de son club, de sa région, de sa province ou de son pays, ll vient un temps où il doit regarder si le milieu lui convient encore.
Le club lui fournit-il ce dont il a besoin: heure d'entraînement, partenaires de calibre, entraîneur spécialisé dans sa catégorie, réseau de compétition adéquat, etc. Lorsqu'un ou plusieurs de ses éléments font défaut, il faut analyser la situation et décider s'il faut déménager ou pas.
Et des fois, il ne suffit pas de déménager dans le club à côté. Il faut démanger de ville, de province, de pays.
4) Ce n'est pas l'entraîneur qui fait le joueur, mais le joueur qui fait l'entraîneur
En 37 ans de carrière, j'ai eu la chance de former plusieurs Champions du Québec et du Canada dans différentes catégories d'âge. Pourquoi est-ce que dis que j'ai eu la chance ?
Parce que je crois fermement que ce n'est pas l'entraîneur qui fait le joueur, mais bien l'inverse: c'est le joueur qui fait l'entraîneur.
Un entraîneur est un peu comme un fermier. Ce dernier doit trouver les bonnes graines, le bon terrain, les planter et ensuite faire son possible au niveau des conditions entourant la graine: soleil, eau, engrais. Est-ce que c'est grâce au fermier que les légumes et les fruits poussent ? Bien sûr que non. Le fermier y contribue, c'est tout. Et plus il progresse comme fermier et plus il a de chances de faire pousser de bons légumes et de bons fruits. Mais rien n'est jamais garanti la nature étant ce qu'elle est !!!
L'entraîneur est dans la même situation. Il repère les talents potentiels et doit orienter leur environnement pour que les joueurs progressent le mieux possible et le plus vite possible. Tout comme le fermier, ce n'est pas grâce à lui que les joueurs "poussent". Il y contribue, c'est tout. Et s’ils ne trouvent pas les bonnes «graines», il ne se passera pas grand chose.
Dans le même ordre d'idée, quand j'étais entraîneur débutant, je croyais fermement que je faisais gagner ou perdre mon joueur. Avec l'expérience, je sais maintenant qu'il y a tellement de facteurs qui influencent la victoire et la défaite dont plusieurs sont incontrôlables que je me dis souvent la chose suivante: "quand mon joueur gagne, c'est lui qui gagne (et non moi) et c'est la même chose quand mon joueur perd, c'est lui qui perd (et non moi). Penser comme ça m’évite aussi de mettre de la pression sur mes athlètes et cela les rend aussi plus responsables et autonomes.
5) Conclusions:
Vous trouverez des Champions du Monde qui ont été suivi presque toute leur carrière par un ou deux entraîneurs. Mais vous trouverez l'inverse aussi. Donc… il n’y a pas de réponses à cette question. Bonne chance ;-)
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