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"Coacher" un athlète atypique, le neuro-droitier.

J’ai commencé à rédiger cet article il y plus d’un an. Pour une raison inconnue, je ne l’avais jamais terminé. J’ai profité de quelques minutes de repos pour le peaufiner et le finaliser. Bonne lecture.


Sommaire:                                                                                            
  • Vous avez déjà eu un athlète difficile ?
  • Le quotidien de l'entraineur et caractéristiques de ce type d'athlète
  • Comment coacher efficacement un neuro-droitier
  • L’évolution de l’enfant et de l’adolescent neuro-droitier
  • Le neuro-droitier et les autres athlètes et entraîneurs
  • Conclusions
  • Si vous voulez en savoir plus
  • Références sur le web
  • Livres intéressants sur le sujet
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Note importante:

Ceci n'est pas un article scientifique, c'est plutôt un partage de mon vécu personnel mélangé avec un peu de science. Il a pour but de susciter la réflexion et peut-être même la controverse au sein des lecteurs ;-)

Je suis à peu près certain que certains entraîneurs et athlètes ne seront pas d'accord avec mes propos, mais bon... c'est mon vécu bien personnel et mes réflexions sont à prendre comme telle  avec un grain de sel..... ;-)

Avertissement: métaphore en vue

Le fait qu'un neuro-droitier utilise plus son cerveau droit et qu'un neuro-gaucher plus son cerveau gauche est en fait une métaphore qui permet de mieux comprendre deux modes différents de fonctionnement mental. Le fonctionnement réel du cerveau est beaucoup plus complexe que ça.

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Vous avez déjà eu un athlète difficile?

Tout entraîneur est déjà tombé sur un athlète difficile à gérer, qui a l'air quelque peu inadapté et parfois "incoachable". Cet athlète devenait un "cas". Parfois vous avez trouvé la solution, d'autres fois vous avez abandonné en écorchant votre sentiment de compétence au passage.

Peut-être que votre athlète était tout simplement d'un profil atypique, un neuro-droitier par exemple (par opposition au neuro-gaucher) ?

Précisions tout de suite que nous sommes tous en partie neuro-droitier et neuro-gaucher en même temps, suivant un pourcentage qui nous est propre à chacun. Mais il existe des athlètes qui sont vraiment plus neuro-droitiers que neuro-gauchers. Ces athlètes représenteraient entre 15% et 30% de la population. Et certains sont vraiment très très très neuro-droitiers.


Le quotidien de l'entraîneur et les caractéristiques de ce type d'athlète

Qu'est-ce que cela signifie dans le quotidien de l'entraîneur ? Ces athlètes ont des caractéristiques particulières et souvent différentes des autres athlètes auxquels nous sommes habitués.

Ces athlètes utilisent plus leur cerveau droit que leur cerveau gauche. Ils sont donc très
- intuitifs
- créatifs
- impulsifs
- globaux (pensée en parallèle et non séquentiel)
- spatio-visuels
- intemporels
- parfois diffus
- très spatio-temporels
- ils pensent très souvent en images

Au jour le jour, cela veut dire que ces athlètes utilisent davantage un raisonnement global plutôt qu'un raisonnement séquentiel. Ils absorbent toutes les informations en une fois au lieu de focaliser sur une seule. Souvent ces athlètes voient toutes les choses différemment, autrement. Ils apprennent presque exclusivement par essais-erreurs. Ils écoutent aussi, même s'ils ont souvent l'air de ne pas écouter ;-) Il n'est pas rare de vous rendre compte quelques semaines plus tard qu'ils appliquent ce que vous avez dit alors qu'ils avaient l'air de s'en foutre complètement.

Il est difficile pour ces athlètes de justifier leurs raisonnements, souvent bons, de façon logique et séquentielle parce que leurs raisonnements sont pour eux très intuitifs. Leurs propos ont parfois l'air diffus et même confus parce qu'il est difficile pour eux de communiquer de façon linéaire, mots par mots, phrases par phrases leurs idées à cause de leur façon de penser en parallèle. Pensez à un arbre dont toutes les branches s'allumeraient d'un coup au lieu de branche par branche. C'est ce qui se passe chez les neuro-droitiers. Mais ne vous y trompez pas, leurs propos ont juste l'air confus, c'est un peu comme s'ils parlaient une langue différente. Il suffit d'avoir l'esprit ouvert et d'écouter ce qu'ils disent sans jugement à priori pour comprendre ce qu'ils veulent dire.

Il arrive parfois qu'ils soient sans réponse, ça ne veut pas dire qu'ils n'ont pas de réponse. C'est juste que la réponse viendra plus tard à un autre moment. Ça ne sert à rien d'insister pour avoir la réponse immédiatement, elle n'existe pas encore. Cet aspect du neuro-droitier est difficile à gérer pour un entraîneur comme moi qui a l'impression que tout peut se résoudre par le dialogue. Et bien pas avec le neuro-droitier. En fait oui mais pas tout le temps dans l'immédiat. Ça prend de la patience et de la compréhension. Le neuro-droitier sent que avez besoin d'une réponse, mais il ne peut vous la donner et sa personnalité fait qu'il ne l'inventera pas. Cela le mets particulièrement en conflit avec lui-même. À éviter le plus possible.

Ce que l'entraîneur attend du neuro-droitier peut être très flou dans sa tête alors que c'est très clair pour les autres athlètes, souvent parce que vous n'avez pas utiliser le bon langage pour lui expliquer ou surtout parce qu'il ne voit pas l'utilité de ce vous voulez. Le pourquoi est très important pour cet athlète, mais il doit être court et précis. Pas besoin de lui donner des statistiques ou de lui faire un discours. Une phrase ou deux, ce sera suffisant, sinon vous le perdez.

Le neuro-droitier est un athlète qui a besoin de changements, de nouveautés. S'il a confiance en vous comme entraîneur, il vous suggèrera sans cesse de nouvelles idées. Il voudra essayer plein de choses tout le temps. Et si vous acceptez ce côté de sa personnalité, vous le garderez motivé. Et souvent, il n'a pas tort, ses idées sont très bonnes. Souvent vous verrez apparaitre des idées originales, intelligentes et efficaces. Mais des fois, ses idées sont originales mais non exploitables.

Ce sera à vous à l'amener à faire le ménage dans ses idées. De lui-même, il arrive parfois difficilement à faire l'arbitrage dans ses nombreuses idées. Donc si un de vos athlètes vos proposent des choses qui apparaissent bizarres et illogiques à première vue, vérifiez donc s'il n'est pas neuro-droitier. Et prenez le temps de l'écouter sans rejeter ses idées immédiatement comme étant farfelues. Souvent vous découvrirez des perles rares parmi ces idées. Laissez-le essayer ses idées. Et faites-le ménage, en collaboration avec lui bien entendu.

Comme entraineur d'expérience, j'ai fini par apprendre à utiliser l'intelligence particulière de ce type d'athlète. Ils me permettent d'aller plus loin dans mes réflexions parce qu'ils voient toujours la situation très différemment de moi, d'un point de vue totalement différent. Si vous restez humble et patient, vous finirez par comprendre qu'ils sont souvent raison dans leur façon de voir. Ça permet de trouver de nouvelles idées originales et vous aussi de vous motiver. En tout cas, pour moi, c’est une source appréciable de motivation :-)


Au niveau psychologique, les neuro-droitiers ont une personnalité complexe:
  • - Ils sont très francs et disent ce qu'ils pensent très fréquemment. Cela leur amène parfois des problèmes relationnels avec les autres joueurs et même avec les entraîneurs.
  • - Ils se sentent à part des autres et même quelquefois rejetés, malheureusement parfois avec raison. En conséquence, certains de ces athlètes sont parfois rebelles dans l'âme. Mais là aussi, ils ne sont pas rebelles de la même façon que les rebelles traditionnels.
  • - Ils peuvent parfois manquer de confiance et même être négatif envers eux, surtout dans les périodes de leur vie où le stress est élevé.
  • - Ils sont très émotifs. En fait ils ressentent les émotions beaucoup plus fort, beaucoup plus profondément et beaucoup plus longtemps que les autres. Donc le stress et la pression peuvent les affecter tout particulièrement. Par contre, ils sont résilients et ils ont souvent mis au point des façons de compenser et de passer à travers ces périodes. Mais leurs façons bien particulières de réagir ne sont pas toujours bien comprises par les autres athlètes et entraîneurs.
  • - Ils sont hypersensibles, même si cela ne parait pas toujours. Cela fait d'eux des personnes très empathiques, mais encore là l'empathie se manifeste de façon particulière.
  • - Ils sont très affectés par l'injustice et encore plus par la méchanceté de certaines personnes envers eux mais aussi envers les autres. Ce n’est pas rare de voir un neuro-droitier se porter à la défense d’une autre personne, même une personne qu’il n’aime pas, s’il juge que c’est de l’injustice.
  • - Ils sont souvent idéalistes. Leur système de valeur souvent absolu mets la barre très haute tant pour les autres que pour eux-mêmes.
  • - Ils se mettent beaucoup de pression sur eux-mêmes au niveau des résultats à atteindre au point de parfois ne pas donner leur maximum pour atteindre leur but à cause de leur peur d'être déçu d'eux-mêmes.
  • - Ils ont parfois des réactions extrêmes dans leurs relations à cause de l’intensité des émotions qu’ils ressentent. Ils peuvent idéaliser une personne pendant longtemps et tout d’un coup la rejeter parce qu’ils pensent avoir été trahi ou rejeter. L’émotion est trop forte et elle provoque le rejet, qui souvent n’est pas du tout compris par celui qui est visé. Il faut de la patience, accepter la situation et attendre que le neuro-droitier sorte de cette période de rejet. Il faut à tout prix éviter de le rejeter par contre, ce qui n’est pas toujours facile à cause de ses réactions intenses.
  • - Ils ont comme qui dirait l’humeur très changeante. Ils peuvent être très enthousiastes et motivés pour un projet particulier et le lendemain ils sont sur autre chose ou encore ça ne les intéressent plus. Souvent c’est par peur de l’échec (ou de la réussite).  Souvent leur pensée globale voit tout le projet d’un coup et toutes les étapes en même temps. Cet avantage devient chez eux un inconvénient parce que cela les décourage. Les émotions fortes les submergent et cela fait montré le stress et la pression. Ils ont donc de la difficulté à travailler sur un projet ou un objectif à long terme. C’est à vous comme coach à amener le neuro-droitier à garder le focus. Orienter le sans cesse sur l’objectif, sans trop de pression. Vous verrez, c’est surprenant ce qu’ils arrivent à faire.
  • - Ils sont souvent comme léthargique, ce stress et cette peur de l’échec entraîne souvent chez le neuro-droitier une inertie dont il a beaucoup de difficulté à sortir de lui-même.  Le fait qu’il appréhende son projet ou son but d’une façon globale le décourage et entraîne cette léthargie. Mais souvent, ça ne lui prend qu’un petit coup de pouce (ou un petit coup de pied au derrière) pour se mettre en mouvement. Apprenez à respecter son rythme, mais ne le laissez pas abandonner.
  • - Les neuro-droitiers sont sensible au comportement du groupe dans lequel ils se trouvent. S’il se retrouve dans un groupe qui s’entraîne intensif et sérieusement, vous serez totalement surpris du degré d’intensité et de sérieux qu’un neuro-droitier peut atteindre. Quand vous lui poserez la question, pourquoi? Il vous répondra «  Je n’avais pas le choix, tout le monde s’entraînait tellement fort ». Par contre, l’inverse est malheureusement vrai. S’il est dans un groupe peu travaillant, le neuro-droitier va aussi suivre. Parfois, il deviendra leader et entraînera le groupe à travailler plus fort, mais seulement parfois.
  • - Ils ont comme dirait un style de vie atypique. Ils ne suivent pas le même chemin que les autres. Ils détestent les routines. Souvent ils font tout autrement tant à l’entraînement, que dans les études, que dans leur vie privée. Ça ne sert à de s’attendre qu’ils finissent par faire comme les autres, ça n’arrivera pas.



Comment coacher efficacement un neuro-droitier

  • - Surtout pas de jugement de valeur sur son mode de fonctionnement mental, il est comme ça et il n'a pas choisi d'être comme ça. La seule chose dont vous pouvez être certain avec ce type d'athlète, c'est que même si vous pensez qu'il ne peut plus vous surprendre, il vous surprendra encore et encore tellement il peut-être parfois être différent des autres athlètes; souvent positivement mais aussi malheureusement négativement. Souvent, il vous sortira totalement de votre zone de confort et des fois assez brutalement. Attention aux réactions trop rapides et trop fortes, apprenez à prendre du recul avant de réagir.
  • - Ne pas essayer de le faire rentrer dans le camp des neuro-gauchers, surtout pas. Ça ne marche pas et plein de gens ont déjà essayé de le changer, surtout dans le système scolaire. Ça ne veut pas dire que son côté logique n'existe pas, au contraire. Mais même sa logique, il ne l'utilise de la même façon que tout le monde. 
  • - Apprenez à comprendre son langage différent. Soyez patient et ne jugez pas trop vite ce qu’il dit. Surtout ne lui faites pas de remarques désobligeantes ce qu’il vient de dire, c’est la meilleure façon de le perdre et de l’éloigner.
  • - Travaillez à l'amener à découvrir qui il est, ce qu'il est, ses caractéristiques et surtout qu'il n'est pas seul sur la planète a être neuro-droitier. Souvent il vous dira qu'il a enfin pu mettre des mots sur la façon dont il se sentait depuis des années. Bien que ce sera un soulagement pour lui au début, il passera aussi par une phase de rejet et de non acceptation de la situation. Inutile de revenir sans cesse sur le fait qu'il est neuro-droitier et donc différent. Il va vous envoyer promener ;-) Mais évitez de faire la même erreur que moi, finir par oublier que l'athlète est neuro-droitier et se mettre à agir avec lui comme s'il était neuro-gaucher. Il se sentira de nouveau rejeté et trahi.
  • - Ce type d'athlète ne fonctionne pas bien dans le système scolaire traditionnel qui est fait avant tout pour les neuro-gauchers et plus il vieilli, plus cela devient évident. Surveillez cet aspect, certains athlètes auront besoin de votre soutien et même de soutien externe.
  • - Il faut motiver cet athlète en lui expliquant le pourquoi de ce que vous voulez qu'il fasse mais aussi dans un contexte global. Les deux éléments sont nécessaires, sinon procrastination et rébellion vont apparaitre. Mais surtout gardez le « pourquoi » court et précis.
  • - Le relation de confiance avec son entraîneur est vraiment primordiale. Un neuro-droitier sera plus motivé et travaillera plus fort s’il le fait avec une personne avec laquelle il se sent bien et à qui il fait confiance. Mais cette relation est extrêmement difficile à établir et elle fluctue au grés du temps pour ne pas dire au grès des minutes ;-) La meilleure façon d’y arriver est de vous montrer sous votre vrai jour, avec vos forces et faiblesses, et en étant sincère avec lui et l’acceptant. Mais attention, l’accepter tel qu’il est ne veut pas dire accepter tout ce qu’il fait et tout ce qu’il dit. Le neuro-droitier est très conscient que beaucoup de ces comportements sont limites et parfois inappropriés. Si vous les acceptez, de façon paradoxale il vous fera moins confiance.
  • - Lui faire découvrir ses forces et surtout lui montrer comment les utiliser. Son intelligence intuitive et différente peut en faire un athlète original à bien des points de vue, très efficace et très difficile à affronter pour ses adversaires. Au niveau technique, par essais-erreurs, il peut vous amener des innovations. Au niveau tactique, s'il est bien orienté, il finira par trouver des solutions originales pour battre ses adversaires. C'est à vous comme entraîneur à faire le ménage dans toutes ses idées.
  • - Apprenez aussi à utiliser son intelligence particulière, sa façon de voir originale et son esprit critique. Un entraîneur intelligent et compétent ne pourra que profiter de cet aspect du neuro-droitier.
  • - Soyez patient avec lui même quand il a l’air de ne pas vous écouter. Vous verrez, il finira par l’appliquer à sa façon. Et soyez encore plus patient quand vous voyez qu’il arrête de parler parce qu’il n’a pas la réponse à votre question. Son cerveau global travaille et la réponse viendra plus tard. Apprenez à attendre la réponse.
  • - Supporter le dans ses nouvelles idées et ses essais, vous le garderez motivé. Faites-lui confiance, mais surtout n’oubliez pas de l’amener à faire le ménage pour éliminer ce qui ne marche pas et garder ce qui marche.
  • - Ne mettez pas trop de pression sur le neuro-droitier, il s’en mets déjà une tonne sur lui de par lui-même.
  • - Aidez-le à garder le focus sur ses objectifs à long terme, gentiment, doucement. Ne le laissez pas abandonner par peur. Ramenez-le sans cesse sur l’objectif, tranquillement, patiemment. Et soyez prêt à ses réactions extrêmes du genre « ça ne sert à rien, c’est foutu d’avance ».
  • - Soyez conscient que le neuro-droitier pourra vous rejeter tout d’un coup, comme par surprise, alors que la journée d’avant tout montrait qu’il vous faisait totalement confiance. Patience et pas de réactions intempestives. Soyez prévenu, ça arrivera plusieurs fois dans la période où vous le suivrez. Si vous le rejetez vous aussi ça peut être la fin de la relation de confiance.
  • - Apprenez lui à rebondir, à vaincre sa léthargie par lui-même. N’acceptez jamais ses arguments pour justifier son abandon. Et attention, ils sont souvent très bon ces arguments. Écoutez-le et passer par-dessus. Gentiment, ramener le sur le travail à faire.
  • - Mettez le le plus possible en contact avec des groupes d’entraînement intensif et sérieux. Le neuro-droitier deviendra un miroir du groupe.
  • - Acceptez ses comportements atypiques dans la mesure où ils ne nuisent pas aux autres athlètes du groupe. Sinon il vous faudra vous entendre avec le neuro-droitier, lui expliquer l’impact sur les autres et trouver un compromis.
  • - Accepter le tel qu’il est : franc, direct, très émotif, hypersensible, rebel, idéaliste, parfois peu confiant et négatif, très exigeant avec lui-même. Mais ne le laissez pas tout faire, ces différences n’excusent pas tout. Lui aussi a besoin d’être éduqué et il le sait.


L’évolution de l’enfant et de l’adolescent neuro-droitier
C’est souvent un enfant et un adolescent qui est vu comme très difficile par plein de monde et dans les faits c’est un cas difficile et insoluble pour beaucoup d’intervenants. Mais être neuro-droitier n’est pas un drame en soi.
En effet, au fils du temps, vous verrez le neuro-droitier qui est bien coaché et bien suivi développer une bonne conscience de soi, des ses forces et faiblesses et de ses traits de personnalités particuliers.
En fait ces caractéristiques qui lui ont donné tant de problèmes durant sa jeunesse et son adolescence génèreront un adulte plein de potentiel : haute intelligence émotionnelle, hypersensibilité qui lui permettront de saisir les gens autour de lui, passion dans ses projets, spontanéité, compassion envers les autres, créativité, originalité, intuition, capacité à rebondir et même du leadership.
Au fils du temps, vous serez surpris de voir à quel point il apprend à se connaître et à s’accepter. Il suffit qu’il se sente accepter mais il a aussi besoin d’être dirigé et orienté.


Le neuro-droitier et les autres athlètes et entraîneurs

Pour ne rien vous cacher, il est très difficile de « coacher » un neuro-droitier dans un groupe d’athlètes composés majoritairement d’autres types d’athlètes.

Et je n’ai jamais eu l’occasion de « coacher » un groupe composé majoritairement de neuro-droitiers, donc je ne sais pas si c’est plus facile ou pas. Mais j’avoue que j’aimerais tenter l’expérience un jour. Ça risquerait de donner quelque chose de vraiment spécial et intéressant ;-)

C’est difficile de « coacher » un neuro-droitier, mais c’est loin d’être impossible. Mais pour être efficace avec ce type d’athlète, il faut quand même suivre certains conseils.

Premièrement, vous devez établir une VÉRITABLE relation de confiance avec lui, ce qui entraînera deux choses : premièrement vous aurez une relation beaucoup plus profonde avec cet athlète qu’avec les autres athlètes et à cause de ça vous le connaîtrez beaucoup mieux lui que les autres. 

Deuxièmement, l’inverse est vrai aussi; lui aussi vous connaîtra beaucoup mieux que les autres athlètes. Il n’y a pas d’autres moyens d’entrer en contact et d’établir une véritable relation avec un neuro-droitier. Et sans cette relation, aucun moyen de le coacher efficacement.

Cela pourra amener des situations problématiques comme des échanges de point de vue qui se transforment en discussions endiablées et qui finalement peuvent même se transporter sur le plan personnel. À éviter le plus possible, mais ce type d’athlète à le chic pour me faire sortir de mes gonds.

Souvent les autres athlètes du groupe ne comprendront pas vos décisions et vos réactions pas plus que ceux de l’athlète neuro-droitier concerné.

À cause de leurs caractéristiques particulières, vous serez porter à accepter certaines choses de ces athlètes que vous n’acceptez pas chez les autres. Les autres athlètes ne trouveront pas ça juste et vous le ferons savoir. Et l’athlète neuro-droitier, avec son intelligence particulière, pourra même parfois profiter de cette situation. À vous d’être vigilant.

L’athlète neuro-droitier vous dira très souvent directement les idées et critiques qu’il a en tête. Les autres athlètes et mêmes les autres entraîneurs pourront prendre ça pour un manque de respect. Mais ce n’en est pas, c’est juste qu’il vous fait assez confiance pour dire ce qu’il pense.

Et c’est la même problématiques pour certains entraîneurs qui seront appelés à coacher l’athlète sur demande dans une compétition particulière. Plusieurs entraîneurs n’arriveront pas à coacher un athlète neuro-droitier, surtout dans cette situation, tout simplement parce que la relation n’est pas établie avec l’athlète, mais aussi parce qu’ils ne comprendront pas les réactions du neuro-droitier.
À cause de la façon spéciale de fonctionner du neuro-droitier, cela pourra amener l’entraîneur invité en question à se sentir rejeté et non respecté. Mais ce n’est qu’un personnage joué par le neuro-droitier qui fait semblant de ne pas écouter, de ne pas être intéressé. Et l’entraîneur qui est attentif s’apercevra très vite que l’athlète mets les conseils reçus en application à la table même s’il faisait semblant de ne pas écouter ;-) Mais avons-le, ce n’est pas facile de passer par-dessus ce personnage, même pour un entraîneur prévenu qui connaît bien l’athlète.

Paradoxalement, d’autres entraîneurs arriveront à coacher de façon très efficace et très rapidement ces athlètes neuro-droitiers contre toute attente. Ils arriveront à établir une relation avec l’athlète très rapidement. Si vous êtes attentif, très souvent vous vous apercevrez que cet entraîneur est lui aussi neuro-droitier jusqu’à un certain point ;-)

Disons-le humblement, j’ai fait plusieurs erreurs dans la gestion de ces situations. De toutes ces erreurs, je dirais que la principale à ne pas faire est de ne pas oublier de faire la différence entre les périodes où vous devez garder une distance avec le neuro-droitier et les périodes où vous devez accepter le rapprochement pour établir et maintenir le lien de confiance.

Par exemple, si vous êtes dans un stage ou une compétition à l’extérieur de votre ville, traitez l’athlète neuro-droitier comme un athlète « étranger » et laisser le vivre. Oubliez de façon temporaire la relation plus personnelle que vous avez avec et surtout ne profitez pas de cette relation pour tenter de faire de la discipline par exemple; ouf quelle terrible erreur…

D’un autre côté, vous devrez toujours être disponible lorsque cet athlète aura besoin de soutien, d’aide, de conseils ou tout simplement s’il a besoin de parler. C’est là que s’établit la relation de confiance avec le neuro-droitier.

Et parfois, vous vous sentirez même rejeté par le neuro-droitier à cause de son fonctionnement atypique. Vous ne comprendrez pas pourquoi parfois le neuro-droitier peut être si proche de vous et quelques instants après être si loin de vous. Éviter le plus possible de le prendre personnel et toujours se rappeler que le neuro-droitier adolescent voudra éviter le plus possible de paraître favoriser par l’entraîneur aux yeux des autres athlètes…


Conclusions

Cela fait à peine 3 ou 4 ans que j’ai découvert ces notions de neuro-droitier et neuro-gaucher et depuis j’ai lu une bonne dizaine de livres sur le sujet, découvert plusieurs sites web et discuter avec plusieurs personnes du sujet.

En fait, après maintes réflexions, je me suis aperçu que j’ai coacher plusieurs athlètes neuro-droitiers au cours de ma carrière sans même le savoir. Et disons-le bien humblement, j’ai amené ces athlètes à avoir un certain succès tant au niveau sportif qu’au niveau personnel.

Mais surtout, j’ai eu un plaisir fou à coacher ces athlètes et aussi à les connaître. Ces athlètes m’ont amené à progresser au niveau sportif et professionnel en me sortant de ma zone de confort à tout bout de champ et à tous les niveaux. Mais tous m’ont amené aussi à progresser comme être humain de par la relation profonde que tous ces athlètes m’ont permis d’établir avec eux et ça je les en remercie.

Un jour, une amie m’a amené une explication possible à ce phénomène. Comment se fait-il que j’ai eu tant de plaisir (et de succès) à coacher ces jeunes neuro-droitiers ? Et cette amie de me dire quelque chose du genre : « Thierry, pour moi c’est très clair, tu es en fait un neuro-droitier qui s’est déguisé en neuro-gaucher pour pouvoir survivre dans le système scolaire… c’est pour ça que tu les comprends. »

À bien y penser, c’est probablement vrai xD

Si vous voulez en savoir plus:

Cerveau droit, surdoués, zèbres: science contre idées préconçues



Références sur le web:

Neuro-droitiers et surdoués : de la préférence à la performance

Découvrir un profil atypique, le neuro-droitier, le reconnaitre, l’accompagner…
(article Catherine Besnard-Peron)



Livres intéressants sur le sujet:


TROP INTELLIGENT POUR ÊTRE HEUREUX : L'ADULTE SURDOUÉ

Apr 22 2008
by JEANNE SIAUD-FACCHIN



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Jun 16 2014
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L'Adulte surdoué : Apprendre à faire simple quand on est compliqué (French Edition)

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