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Tennis de table: Quel genre de parents êtes-vous donc ? Et à quel type d'entraîneur avez-vous affaire dans votre club?

Tennis de table compétitif:
Quel genre de parents êtes-vous donc ?
Et à quel type d'entraîneur avez-vous affaire dans votre club ?

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Note importante:
Ceci n'est pas un article scientifique, c'est plutôt un mélange de science et de vécu personnel. Il a pour but de susciter la réflexion et peut-être même la controverse au sein des lecteurs ;-)
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Cela fait maintenant 36 ans que je suis entraîneur en tennis de table et évidemment, sur une aussi longue période, j'ai fait affaire avec une quantité considérable de parents et d'entraîneurs.

J'ai été très chanceux; j'ai presque toujours été appuyé par les parents de mes joueurs. Mais dans la carrière d'un entraîneur, plusieurs types de conflits se présenteront, mais les plus sérieux et difficile à vivre sont ceux qui se déclenchent avec les parents de joueurs. Vous pouvez vous "ramasser" avec des plaintes officielles auprès de votre association d'entraîneur et même vous retrouver en cour.

Mais comme vous allez bientôt le lire, il y a plusieurs sortent de parents d'athlètes. Et ces types de parents sont répertoriés dans les cours de formation d'entraîneur. Mais rarement amène-t-on les parents à identifier eux-mêmes quel type de parents ils sont ?

Et pourtant, c'est très important que le parent identifie rapidement quel type il est. Pourquoi ? Parce que chez le jeune athlète, les parents et les entraîneurs sont les personnes les plus présentes dans sa carrière. Donc il est très important d'avoir une bonne relation entre les entraîneurs et les parents.

D'un autre côté, on explique rarement aux parents les différents types d'entraîneurs qui existent et le pourquoi de leur façon d'agir et d'encadrer leur jeunes. Là aussi, il est important que les parents soient bien informés pour mieux comprendre ce qui se passe et prévenir les problèmes.

Commençons par les parents....

LE PARENT DÉSINTÉRESSÉ

Personnellement, comme athlète, mes parents étaient des PARENTS DÉSINTÉRESSÉS. Ils étaient absents la plupart du temps. Ils ne savaient pas vraiment que je faisais de la compétition. Très tôt, c'est moi qui payais mes frais de compétition et d'équipement. Pour ce faire, je passais le journal. Et c'est aussi une des raisons pour lesquelles j'ai commencé à entraîner très tôt à l'âge de 16 ans. Mais attention....

Quelles sont les caractéristiques de ce type de parents:
- Il ne s'intéresse pas à ce que fait son enfant dans le club.
- Il n'est jamais là quand il s'agit de transporter son jeune. C'est tout le temps les autres parents qui le transportent.
- Il n'assiste à peu près jamais aux compétitions.
- Souvent, ce parent n'a jamais vu son enfant s'entraîner.
- Il est souvent en retard dans les paiements, il faut courir après.
- Ce parent se décharge de sa responsabilité sur le club.

Pour l'entraîneur, ce parent ne cause pas beaucoup de problèmes. Mais souvent, c'est l'entraîneur qui doit presque assumer le rôle de parent en plus de celui d'entraîneur. Dans ma carrière, j'ai souvent eu à transporter des athlètes, à payer leurs compétitions et même à leur acheter de l'équipement pour qu'il puisse continuer à s'entraîner et se développer. Je le faisais parce que je savais que les parents n'étaient pas en mesure de le faire. Et quand je voyais les impacts positifs que le tennis de table avait sur leur jeune, je me disais que je ne pouvais pas les laisser tomber. Heureusement, ça n'arrive pas trop souvent, sinon je serais ruiné depuis tout ce temps ;-) LOL

Par contre, attention, il ne faut pas juger trop vite les parents désintéressés. Comme entraîneur, vous devez chercher les causes de cette absence. Dans le cas de mes parents, ce n'était pas par mauvaise volonté. Ils étaient tellement occupés à gagner leur vie et à faire face à leurs problèmes personnels qu'il ne leur restait pas de temps pour me suivre. En plus, vu qu'il n'avait pas vraiment de culture sportive, c'était difficile pour eux de comprendre le milieu sportif.

Mais il peut y avoir d'autres raisons: maladie, conflit d'horaire, problèmes familiaux (divorce, séparation), distance, etc. Le manque d'engagement n'est pas toujours voulu.

Pour conclure, si vous êtes un parent désintéressé, il est très peu probable que vous soyez en train de lire cet article ;-) LOL Par contre, ça ne veut pas dire que vous ne pourrez pas changer d'attitude un jour, surtout le jour où vous vous rendrez compte des bienfaits du sport pour votre jeune.



LE PARENT QUI N'EST JAMAIS CONTENT DE LA PERFORMANCE DE SON JEUNE

C'est ici que peuvent commencer les conflits entre les entraîneurs et les parents. Quelques remarques ou questions que les parents (et certains entraîneurs) doivent se poser à eux-mêmes....

- Une jeune athlète n'est un pas un adulte en miniature, ce n'est pas un athlète professionnel. Le tennis de table est avant tout un jeu avant d'être un sport. Si vos exigences sont trop élevées pour votre jeune, vous risquez de vraiment lui nuire à long terme. Le parent ainsi que l'entraîneur ne doivent jamais perdre la notion de plaisir dans le cheminement de leur jeune. Ne pas oublier que lorsque le jeune a décidé de faire du tennis de table, c'est pour avoir du "fun"... Et ce plaisir peut venir de différentes sources: l'amélioration technique, le défi des compétitions, les amis au sein du club, l'appartenance à un groupe particulier (sport-études), etc.

- Gagner ou progresser: certains parents (et parfois certains entraîneurs) font l'erreur de voir la victoire comme la seule preuve de progrès. Cela devient obligatoire de gagner et la progression du jeune athlète s'en ressent. Il est fréquent de voir un jeune joueur, champion de sa catégorie d'âge, arrêter de progresser parce que la victoire prend plus d'importance que son développement. Et des fois, ce dernier finit même par abandonner son sport à cause de la pression indue qu'il subit de la part de ses parents (et parfois aussi de ses entraîneurs).

Quelques caractéristiques du parent qui n'est jamais content de la performance de son jeune:
- Il a de grandes attentes de performance pour son enfant.
- Il peut aller jusqu'à lui crier dessus lorsqu'il juge que l'enfant ne performe pas bien.
- Parfois, il semble prendre tout trop à coeur, comme s'il s'identifiait lui-même à son enfant. Certains parents essaient d'obtenir le succès qu'eux n’ont pas réussi à avoir dans le passé.

Si vous êtes ce genre de parent, il serait préférable d'arrêter de crier ou de juger sévèrement votre enfant. Vaut mieux se concentrer sur les bons coups et aussi sur les choses à améliorer. Votre enfant sera moins stressé et risque de mieux performer à long terme. Les rétroactions positives sont préférables au négativisme.....



LE PARENT QUI N'EST JAMAIS CONTENT DE LA FAÇON DONT L'ENTRAÎNEUR S'OCCUPE DE SON ENFANT

Quelques caractéristiques de ce type de parent:
- Il n'est jamais d'accord sur la façon dont vous vous occupez de son enfant et ce à bien des niveaux différents allant du choix des partenaires d'entraînement au "coaching" en compétition.
- Ce parent essaie souvent de diminuer votre leadership auprès de son enfant. Cela nuit considérablement au développement du jeune qui se retrouve coincé entre deux feux. L'enfant ne sait plus qui croire et souvent va se retrouver à voir son propre entraîneur comme étant négatif pour sa progression. Dans ces conditions, il est presque impossible pour le jeune de se développer et de progresser.
- Il essaie aussi de diminuer votre leadership auprès des autres parents. À long terme, il arrive souvent que ce type de parent et son jeune se retrouve isolé au sein même de leur propre club et l'atmosphère devient de plus en plus lourde à supporter pour l'enfant.

Si vous êtes ce genre de parents, il est important de rencontrer les entraîneurs pour leur faire part de vos insatisfactions et d'exposer votre point de vue. Par contre, il faut aussi tenir compte du point de vue des entraîneurs. Demandez à l'entraîneur le pourquoi des choses, quels sont leurs objectifs et leur façon de travailler. Il faut aussi vous rendre compte que votre enfant est un des nombreux membres du club et que l'entraîneur doit s'occuper de bien d'autres athlètes en même temps. Vous devez éviter toutes les attitudes qui nuisent à l'atmosphère et donc à la progression et à la performance de votre jeune. En dernier recours, si vous n'arrivez pas à vous entendre avec les entraîneurs, il vaut mieux songer à changer d'organisation pour un club qui correspond plus à votre point de vue. De cette façon, votre jeune pourra de nouveau se remettre à progresser.



LE PARENT ENTRAÎNEUR EN COMPÉTITION

Quelques caractéristiques de ce type de parent:
- Il est tout le temps présent à la table lorsque son enfant joue.
- Il cherche constamment à donner des conseils à son jeune avant, pendant et après le match.
- Il est toujours là à dire quoi faire et comment le faire.

Si tous êtes ce type de parent, vous devez vous rendre compte que vos conseils et explications peuvent être en contradiction avec celles des entraîneurs. Par exemple, vous n'êtes pas nécessairement au courant du plan d'entraînement du groupe, de l'objectif de la compétition, du niveau de progression de votre athlète. Vous pouvez donc nuire à la concentration de votre enfant qui ne suivra plus les consignes des entraîneurs parce qu'il se sentira obligé de suivre les vôtres. Il est préférable de vous contenter de l'encourager, de le soutenir que d'essayer de vous substituer aux entraîneurs. Si vous avez un doute, une question, allez rencontrer les entraîneurs pour savoir comment vous pouvez aider. Mais évitez de mettre votre enfant entre deux feux et laissez les entraîneurs faire leur travail.





LE PARENT QUI CRIE

Certains parents ont une voix qui porte, vous reconnaissez-vous ? LOL Et certaines personnes ne se gênent pour utiliser cette voix qui portent pour donner des conseils aux jeunes, pour critiquer l'arbitre ou même les autres parents. Ils peuvent même critiquer l'entraîneur de leur enfant. Cela peut aller jusqu'à la violence verbale, les menaces, etc.

Il va de soi qu'aucun club, qu'aucune organisation ne peuvent tolérer ce type de comportement. Vous serez sûrement rencontré, après coup, par un groupe d'entraîneur ou de juges-arbitres. Restez calme et surtout ne vous mettez pas à crier après les personnes chargées de vous rencontrer. Vous risqueriez de vous faire expulser de la compétition ou encore d'être convoqué par un comité de discipline. Pensez à votre enfant qui risque de subir les remontrances des autres athlètes du genre: "Il est malade le parent de ....." Votre enfant ne vous le montrera pas, mais il n'aimera pas subir ce genre de situation.

Et peut-être que vous ne le faites pas pour mal faire ? Certains parents sont émotifs et impulsifs et ne peuvent se retenir. Peut-être vaut-il mieux s'éloigner du lieu de compétition quand votre enfant joue ou encore prenez des responsabilités qui vont vous occuper l'esprit: filmer des matchs, compiler des résultats, etc.



LE PARENT SURPROTECTEUR

Ce type de parent est tout le temps inquiet pour leur enfant. Il l'accompagne et le surveille partout. Il veut leur éviter les problèmes. Et ça peut aller jusqu'à vouloir leur éviter la souffrance de la défaite. Il ne supporte pas de voir leur enfant être déçu ou pleurer. Ils peuvent même aller jusqu'à retirer l'enfant du club (et de la compétition) pour arrêter cette souffrance. On retrouve le plus souvent les mères dans cette catégorie, mais on peut aussi y voir des pères de ... joueuses LOL.

Il est fréquent de voir ce type de parents chez les athlètes plus jeunes et je pense que c'est normal et même souhaitable. Le parent doit s'assurer de l'encadrement de son enfant tant à l'entraînement qu'en compétition.

Là où cela devient moins normal, c'est lorsque le parent continue à avoir ce comportement de protection à l'adolescence. Le parent risque de "frapper un noeud" parce l'adolescent a besoin d'autonomie et pourra aller jusqu'à dire à son parent qu'il ne veut plus le voir en entraînement ou en compétition. De plus, c'est malheureusement par les défaites que l'athlète apprend le plus à tous les niveaux; donc il faut apprendre aux jeunes à accepter leurs défaites et à apprendre de ces dernières. Évidemment, cela ne signifie pas qu'il faut que l'athlète aime perdre !!!

Si vous êtes un parent de ce type, et que vous continuez à avoir ce type de comportement à l'adolescence, essayez de laissez votre enfant allez à un stage ou une compétition sans vous. Assurez-vous que quelqu'un suivra votre enfant de plus près sur place (un entraîneur ou un autre parent) et que vous pourrez le contacter en cas de besoin pour vous rassurer... LOL Et laissez votre ado expérimenter son autonomie....



LE PARENT IMPLIQUÉ BÉNÉVOLEMENT

Ce type de parent est très impliqué au sein du club en tant que membre actif du conseil d'administration ou encore comme espèce de gérant sur le terrain. Ce type de parent n'hésite pas à donner du temps bénévole pour le club et s'implique dans le transport et dans les activités d'autofinancement, etc. Ces parents sont aussi amenés à inter-réagir avec les autres parents du club régulièrement.

Le point crucial avec ce type de parent: est-ce qu'ils sont là pour leurs intérêts ou pour l'intérêt de leur enfant ou encore pour le bien commun de tous les athlètes et parents du club. Certains parents de ce type finissent par demander des privilèges pour leur enfant. Et les entraîneurs ou autres membres du CA se retrouvent dans une situation délicate et conflictuelle.

Comme parent impliqué, il est important de comprendre que vous n'avez aucun pouvoir décisionnel en ce qui a trait aux aspects techniques, tactiques, psychologiques, entraînements physiques, choix des compétitions, plans d'entraînements, etc. Cela relève de la responsabilité des entraîneurs. Et votre enfant est un membre comme un autre du club et n'a pas droit à des avantages particuliers, peu importe, son niveau, son âge, etc.

Par contre, comme parent impliqué au sein du conseil d'administration du club par exemple, vous avez votre mot à dire au niveau de l'organisation, des budgets, des activités d'autofinancement, des activités spéciales, etc.





LE PARENT IDÉAL

Quel est le parent idéal ? Grande question....

- Il ne s'occupe pas de conseiller sportivement son enfant.
- Il peut pratiquer avec lui pour le plaisir s'il le peut de temps à autre.
- Il ne critique pas les entraîneurs, les arbitres ou les autres joueurs (ou parents) du club.
- Il est ponctuel ;-)
- Il est toujours prêt à donner un coup de main bénévole sur demande.
- Il sert de modèle aux autres parents.
- Il est toujours présent et parfois certains entraîneurs les négligent ;-(

En effet, il est plus facile pour un entraîneur de pénaliser un joueur dont le parent est discret et respectueux. Si l'entraîneur ne fait pas attention, il risque de perdre un allié de taille lorsque ce type de parent jugera que la situation a assez duré.

Si vous êtes ce type de parent, il est important de ne pas trop attendre si quelque chose ne fait pas votre affaire. Allez discuter avec les entraîneurs d'abord et ensuite avec les membres du CA si c'est nécessaire. N'attendez pas que la coupe déborde.... Comme cela vous resterez satisfait et impliqué et notre enfant ne pourra qu'en profiter.


Et maintenant, passons aux entraîneurs.....

Il n'y a pas que les parents qui ont été catégorisés dans les formations d'entraîneurs. Les entraîneurs aussi ont été catégorisés et les parents sont rarement renseignés sur les différents types d'entraîneurs qui existent. Dans un club où il y a plusieurs entraîneurs, les parents peuvent parfois être surpris de voir des types d'entraînement et d'entraîneurs différents.

En fait, les entraîneurs sont catégorisés au niveau du style de leur leadership. Commençons...


L'ENTRAÎNEUR MILITAIRE

Caractéristiques de ce type d'entraîneur:
- Il prend toutes les décisions.
- Les joueurs doivent exécuter ce qu'il dit rapidement et efficacement.
- Il ne cherche pas à expliquer ou à justifier.
- Sous sa supervision, les athlètes deviennent souvent dépendants.
- Ce sont surtout ses objectifs à lui qui comptent et non ceux des athlètes.
- À l'extrême, il peut devenir tyrannique et froid. Il peut aller jusqu'à humilier des joueurs. Ce faisant, il peut nuire à l'estime de soi des athlètes.

Quand un entraîneur se sent obligé d'utiliser cette approche, c'est parfois parce qu'il a perdu le contrôle de son groupe par manque de compétences ou de vision, mais surtout parce qu'il a davantage visé ses objectifs plutôt que ceux de ses athlètes. Il a peur de perdre son pouvoir, alors il augmente le contrôle.

Certains films, certaines histoires ont fait la promotion de ce style d'entraîneur. Il a permis à certains athlètes de développer une discipline qui leur a permis d'avoir certains succès. Cependant, il faut bien admettre que la jeunesse actuelle est très différente de la jeunesse passée. Les valeurs et l'éducation aussi ont changé. Les jeunes sont capables de penser, de réfléchir et d'avoir une opinion personnelle. Vaut mieux tenir compte de cela dans notre façon d'intervenir comme entraîneur.


L'ENTRAÎNEUR DÉMOCRATIQUE

- Il amène ses athlètes à s'engager.
- Il les motive à réaliser ses objectifs à lui, mais aussi leurs objectifs personnels.
- Il amène chaque athlète à se considérer comme une partie importante du club peu importe leur niveau ou leur âge.
- Il amène les athlètes à prendre conscience de leurs capacités.
- Souvent les joueurs se sentent respectés et ils respectent en retour l'entraîneur.
- Ce type d'entraîneur sait avoir l'effort supplémentaire que cela prend parfois de ses athlètes. Il sait aussi les encourager quand les athlètes sont découragés.
- Il sait motiver les athlètes individuellement, mais aussi en groupe et en tant que club.
- Il est souvent très bon pour communiquer tant avec les athlètes qu'avec les parents.
- Il écoute et est prêt à tenir compte des avis et des besoins des athlètes.
- Il sait partager le mérite tant des victoires que des défaites.

Ce type d'entraîneur amène souvent les athlètes à avoir davantage envie de s'entraîner et aussi à éprouver plus de satisfaction.


L'ENTRAÎNEUR LAISSER-ALLER

- Ce type d'entraîneur observe bien plus qu'il n'agit.
- Il laisse toute liberté aux joueurs de prendre les décisions.
- Il ne veut surtout pas brimer ses athlètes.
- Il est passif, donne très peu de directives ou de mesures disciplinaires.
- Ce qui est important avant tout c'est l'atmosphère.
- Il veut que ses joueurs aient du plaisir pendant les entraînements et les compétitions.
- Parfois un entraîneur agit ainsi parce qu'il est dépassé par les évènements et manque des connaissances nécessaires pour gérer le groupe. Donc il essaie de s'en sortir un créant un climat agréable.

Ce type d'entraîneur amène souvent du mécontentement tant chez les athlètes que chez les parents. Les jeunes ne sont pas motivés à s'investir dans un groupe ou un club qui n'ont pas de structure ou de discipline parce qu'ils sont l'impression de perdre leur temps. À la limite, ils préfèrent être "coaché" par un entraîneur type militaire.


L'ENTRAÎNEUR IDÉAL

De prime abord, il serait facile de conclure que le style démocratique est le style d'entraîneur à privilégier. Mais disons que ce n'est pas aussi simple et que chaque style d'entraîneur a ses avantages et ses inconvénients. Le tout dépend des compétences de l'entraîneur, de l'âge, de la période de la saison, du calibre et des objectifs des participants. Si les objectifs sont récréatifs, l'entraîneur favorisera le climat par un style laisser-aller. Si les athlètes sont d'un plus haut niveau et ont des objectifs élevés plus ce sera un mélange miltaire et démoratique.

Suivant mon vécu comme entraîneur, je me suis aperçu que j'utilisais chacun de ses styles d'entraîneur suivant la période de la saison, la situation ou encore suivant mon feeling. En début de saison, j'aime davantage utiliser le style démocratique afin d'amener les athlètes à "embarquer" dans le programme.

À l'approche des compétitions importantes, je vais davantage devenir militaire sauf avec les athlètes plus vieux ayant accumulé une bonne expérience. Avec ces derniers, je vais leur donner plus de latitude dans leur préparation et le choix de leurs exercices. Mon vécu m'a souvent démontré que l'athlète savait plus que moi ce dont il avait réellement besoin. J'assure une certaine supervision parce que certains athlètes bien qu'ayant de l'expérience, n'ont pas l'autonomie nécessaire pour décider par eux-mêmes.

Pour les moins expérimentés, je deviens plus militaire pour les amener à être plus sérieux et intensifs. De cette façon, je les amène aussi à faire face à une certaine pression.

Lorsque les athlètes sont fatigués et ont besoin d'un "break" je vais parfois aller jusqu'au style laisser-aller pour leur permettre de vraiment s'amuser, de se changer les idées et de se reposer.

Passer d'un style à l'autre comme ça n'est pas facile et n'est pas magique. Disons que je suis bon comédien ;-) et je peux facilement passer d'un style à l'autre bien que mon style naturel soit le style démocratique un peu laisser-aller. Et malgré mon expérience, il m'arrive de me tromper de style LOL et d'être obligé de rectifier le tir. Ça m'arrive plus souvent avec les jeunes d'aujourd'hui qu'avec les jeunes d'antan. Mais je n'ai pas encore bien identifié le pourquoi de la chose ;-)



QUELQUES CONCLUSIONS qui peuvent être discutées ;-)

Première constatation, en tant que parent, vous pouvez vous retrouver dans plusieurs catégories en même temps. Vous pouvez être un parent CRIEUR et un parent ENTRAINEUR EN COMPÉTITION en même temps. Vous pouvez aussi être un parent différent selon les circonstances.

Le but de cet article n'était donc pas de vous culpabiliser en tant que parent, mais plutôt de vous permettre d'identifier certains de vos comportements occasionnels et de voir comment vous pouvez réagir de façon à ne pas nuire à votre enfant ou à votre ado....

Et soyez certain que vous n'êtes pas particulier ou seul. Si ces comportements ont été répertoriés dans la littérature sportive de formation aux entraîneurs, cela veut dire que ces comportements sont très fréquents..... LOL

Et pour en "rajouter", je suis peut-être un entraîneur avec plusieurs années d'expérience, mais j'ai aussi été parent de joueuse pendant 4 ou 5 ans. Et évidemment, je me suis retrouvé dans quelques catégories au fils des ces années. J'ai été:
- PARENT PROTECTEUR (évidemment, c'était une fille LOL )
- PARENT ENTRAÎNEUR (évidemment, difficile de ne pas penser comme un entraîneur quand vous êtes un entraîneur. Mais je peux vous dire que ça n'a pas toujours aidé ma fille, au contraire ;-(
- PARENT IMPLIQUÉ BÉNÉVOLEMENT (je n'étais pas entraîneur, j'étais seulement sur le CA du club. Pas toujours évident de rester objectif.)
- PARENT QUI CRIE: Et oui ça m'est arrivé une fois et ce fût une grave erreur. C'est le parent PROTECTEUR qui avait pris le dessus.

C'est pour cela que comme entraîneurs, nous nous échangeons souvent nos enfants. Toi tu prends ma fille et moi je prends la tienne. De façon, notre enfant subit moins de préjudices et se développent mieux.

Et en tant que parents, il est important que vous connaissiez les différents types d'entraîneurs qui existent. Certains gardent le même style toute leur vie et obtiennent beaucoup de succès. D'autres font comme moi et sont multi-styles. Chaque approche a ses avantages et ses inconvénients. Ce qui est important de savoir pour un parent, c'est que parfois un entraîneur utilise un style particulier parce qu'il se retrouve en problèmes malgré lui. Un entraîneur qui a peur de perdre le contrôle de son groupe deviendra militaire, mais pourra ainsi nuire à la motivation de ses athlètes. Un entraîneur qui n'a pas suffisamment de connaissances pour le niveau des athlètes se réfugiera dans le style laisser-aller pour au moins avoir une bonne atmosphère. Un entraîneur restera démocratique alors que les fortes têtes qui sont dans son groupe nuisent à la motivation des autres athlètes, etc....

N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

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Références:

Le manuel de l'entraîneur sportif, sous la direction de Linda Morency et Claude Bordeleau, éditions Québec-Amérique, 2012 plus particulièrement les chapitres suivants:
- Chapitre 2: Style de leadership des entraîneurs (Linda Morency, Claude Bordeleau et Manon Bordeleau)
- Chapitre 7: Gérer les relations avec les parents (Linda Morency et Claude Bordeleau)









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