Dernièrement, j'ai eu la chance de participer à un colloque de perfectionnement d'entraineurs: le S2P2 présenté par l'Institut National du Sport du Québec. J'ai donc pu suivre un atelier intitulé "Intelligence artificielle et sport : un mariage inévitable" présenté par Jonathan Tremblay.
Cet atelier a été très intéressant et très instructif et m'a amené à la réflexion suivante...
Le tennis de table québécois, canadien et peut-être international est en retard sur les autres sports au niveau de l’utilisation de différents outils technologiques.
Cet atelier a été très intéressant et très instructif et m'a amené à la réflexion suivante...
Le tennis de table québécois, canadien et peut-être international est en retard sur les autres sports au niveau de l’utilisation de différents outils technologiques.
Nous sommes en retard, par exemple, dans l’utilisation des outils vidéos. Ce que nous ne faisons pas ou très peu :
·
Reprise vidéo instantanée en exercices et en
matchs d’entraînement
o
Analyse immédiate de la technique au ralenti
o
Analyse tactique immédiate du point qui vient
d’être joué
o
Analyse immédiate des réactions mentales du
joueur : qu’est-ce que voit mon adversaire, quelle image je projette
·
Logiciel d’analyse biomécanique
o
Mesures diverses : angle des segments,
vitesse de mouvement, ordre d’utilisation des articulations
o
Comparaison d’une technique réussie versus une
technique manquée chez un même joueur : qu’est-ce qui clochait ?
o
Comparaison de la technique d’un joueur avec un
modèle de joueur supérieur :
§
Vidéo côte à côte
§
Vidéos superposés un par-dessus l’autre
·
Analyses statistiques de base
o
Mesure de fautes non provoquées
o
Mesure de l’efficacité en service et en retour
o
Mesure de l’efficacité en 3e et 4e
balle ainsi qu’en rallye
o
Analyse de l’efficacité des schémas tactiques
o
Analyse des réactions psychologiques
Ces analyses statistiques de bases passent par ce qu’on
appelle la programmation informatique classique. La programmation classique
consiste à donner à l’ordinateur des données et des règles pour analyser ces
données et lui permettre de nous donner des réponses.
Ça permettrait de répondre à des questions comme :
« Mon athlète a-t-il augmenté son efficacité en retour de service par
rapport à il y a 3 mois ? »
Le tennis de table n’utilise pas encore de façon régulière
ce type d’analyse qui passe par la programmation informatique classique.
Notre sport est donc en grand danger, car la programmation
classique est encore utile, mais est déjà dépassée par l’intelligence
artificielle.
L’intelligence artificielle diffère énormément de la
programmation classique. On donne des données à l’ordinateur et c’est lui qui
trouve les règles qui permettent de faire des prédictions.
Le tennis de table n’utilisant pas de façon régulière la
programmation classique, il est difficile de croire que nous allons agir
différemment et nous mettre à utiliser l’intelligence artificielle.
Et pourtant, si nous ne le faisons pas, nous deviendrons
vite un sport de troisième zone (si nous considérons que nous sommes
actuellement un sport de seconde zone ;-)
L’intelligence artificielle se démocratise. Microsoft
intègre de plus en plus d’outils d’intelligence artificielle dans ses produits,
dont son tableau Excel qui devrait comprendre des nouvelles fonctionnalités
d’IA dans sa prochaine version.
Nous n’avons qu’à suivre ce qui se passe au tennis. Par exemple,
IBM avec son Coach Advisor qui promet de changer la façon d’entraîner et
d’analyser les parties de tennis.
Évidemment, pour que tout ça fonctionne, ça prend des
données pour que l’IA puisse trouver les règles et faire des prédictions.
Et c’est là que le bas blesse. Les athlètes de tennis de
table n’ont pas ou très peu de données sur leurs performances.
Je suis toujours étonné de voir des athlètes d’autres sports
porter leur montre qui mesure leur fréquence cardiaque, leur taux de calories
dépensées, etc. durant leur entraînement et même durant leur vie de tous les
jours.
Cela permet de compiler plein de données sur l’entraînement
de l’athlète et même sur ses matchs.
Au tennis de table, rien. Les athlètes ne mesurent pas leurs performances ou leur intensité à l'entrainement de façon objective. À peu près aucun athlète en tennis de table n'utilise d'outils technologiques de base, du moins au Québec et au Canada.
Laissez-moi vous raconter une anecdote.
Il y a maintenant 3
ans, Marles Martin (ancien entraineur des équipes nationales du Brésil et du Canada) avait initié l’équipe du Québec de tennis de table à
l’utilisation des moniteurs de fréquence cardiaque en temps réel. Chaque
athlète avait un moniteur cardiaque attaché à sa poitrine durant son
entraînement. Nous pouvions suivre en temps réel sur un écran de TV l’intensité
de l’entraînement de chaque athlète. Et l’athlète aussi pouvait suivre son
intensité.
Marles m’avait suggéré d’expérimenter cette façon de faire
en compétition. J’ai donc relié 10 de mes athlètes à ma tablette Ipad. Chacun d'eux portait à sa poitrine un moniteur
de fréquence cardiaque. Je pouvais suivre en temps réel la fréquence cardiaque
de tous mes athlètes présents dans le gymnase, peu importe à quelle table il se
trouvait.
À un moment donné, je m’aperçois que la fréquence cardiaque
d’un de mes joueurs est anormalement basse vu que je le vois, de loin, en train
de jouer son match. Je m’approche donc de la table et je lui demande ce qui ne
va pas. Il me dit qu’il est incapable de jouer parce que son adversaire
n’arrête pas de casser le rythme. Je lui donne donc le conseil de sauter sur
place et de s’activer le plus possible pendant que son adversaire ralentit le
match. Ce qu’il a fait et il a finalement gagné le match.
Dans le même tournoi, une des joueuses décide de se mettre à
genoux pendant que son coach lui donne les conseils d’usage durant la minute
entre chaque manche. Je peux voir sur mon moniteur que sa fréquence cardiaque
descend en flèche. Elle n’est plus du tout assez activée pour pouvoir jouer à
son plein potentiel. Je décide d’observer ce qui se passera dans les manches
suivantes. Ça a pris presque 2 manches à la joueuse en question à remonter sa fréquence cardiaque à son niveau d’activation optimal. Moral de cette
histoire : ne vous mettez pas à genoux durant un match de tennis de table,
à moins que vous soyez épuisé. ;-)
Que conclure de tout ça ?
Que les entraîneurs de tennis de table n’ont pas à devenir
des programmeurs informatiques en IA.
Par contre, ils doivent rapidement apprendre à utiliser les
outils d’analyse IA qui seront de plus en plus disponibles au « grand
public ».
Mais pour pouvoir les utiliser, ça va leur prendre des
données. Et c’est là où les athlètes en tennis de table et leurs entraîneurs
doivent sortir du 20e siècle pour entrer dans le 21e siècle et apprendre au
plus vite à utiliser les outils qui sont déjà utilisés dans les autres sports.
Sinon, nous allons manquer le bateau.
Quel genre d’outils ?
·
Les montres en tout genre qui mesurent
l’intensité de l’entraînement, la qualité du sommeil, etc.
· Des
systèmes comme Catapult qui permet de collecter des données avec leur gps
portable ou même d’analyser des vidéos
https://www.catapultsports.com/
https://www.catapultsports.com/
Comparons-nous
au tennis…
Les objets connectés du tennis : https://lesobjetsconnectesdusport.wordpress.com/tennis/
À
nous de faire mieux que les autres sports et de faire preuve d’imagination, de
curiosité et d’innovation.

Commentaires
Enregistrer un commentaire