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Le tennis de table de compétition rendrait plus intelligent

Le sport de compétition rendrait plus intelligent en ayant différents effets sur le cerveau...

On savait déjà que l'activité physique régulière avait un effet positif sur la santé physique: diminution des troubles cardiaques ou respiratoires, diminution des risques de développer certaines maladies comme le cancer et augmentation de l'espérance de vie.

Mais maintenant, les neurosciences nous amènent plus loin et nous disent que le sport de compétition a des effets positifs sur le cerveau. Les activités sportives amèneraient une amélioration des capacités cérébrales telles que le raisonnement ou la mémoire.

De nos jours, on s'intéresse de plus en plus au fonctionnement du cerveau et surtout aux moyens de l'entretenir ou de l'améliorer avec l'âge à cause des maladies telle la maladie d'Alzheimer.

Une des découvertes majeures de ces dernières années est la "plasticité cérébrale". Jusqu'à récemment, on était convaincu que le cerveau se développait de la naissance jusqu'à peu près l'âge de 25 ans et qu'après, il déclinait irrémédiablement. On pensait aussi que la plasticité du cerveau s'arrêtait à l'adolescence. Maintenant, on sait que le processus se prolonge à l'âge adulte.

En fait, il est plus facile d'apprendre un instrument ou une nouvelle langue lorsqu'on est plus jeune, et cela s'avère plus difficile et plus long lorsqu'on est plus vieux. Néanmoins, des apprentissages significatifs restent possibles à l'âge adulte et ces derniers permettent d'atteindre un niveau de performance insoupçonné. Pourquoi ? Parce que la formation de nouveaux neurones, la neurogenèse ainsi que la formation de nouvelles connexions synaptiques, la synaptogenèse se continuent tout au long de la vie au fur et à mesure des apprentissages.

Donc à tout moment notre système nerveux peut produire de nouvelles connexions en formant de nouvelles synapses mais aussi des nouveaux neurones.

Cette plasticité cérébrale montre le dynamisme de nos fonctions d'apprentissage qui nous permettent des perspectives d'entraînement et de rééducation peu importe l'âge.

C'est d'ailleurs ce qui explique l'apparition de toutes ces applications informatiques servant à l'entraînement de notre cerveau. Ces applications tentent de stimuler notre mémoire, notre attention ou notre vitesse de réaction. Mais il semblerait que les apprentissages faits dans le cadre de ces applications ne se transfèrent pas ou peu dans le quotidien.

Mais il existe un remède efficace peu coûteux au déclin du cerveau: l'exercice physique. En effet, l'exercice physique est très bon pour la santé mentale. Il favorise la création de nouveaux neurones dans certaines régions du cerveau jouant un rôle important dans l'apprentissage spatial, la mémoire ainsi que dans d'autres zones du cerveau qui contrôlent entre autres la planification et l'anticipation.

L'exercice physique permet aussi aux neurones existants de durer plus longtemps. Tous ces effets viennent d'une meilleure irrigation sanguine et d'une augmentation dans l'organisme de la concentration de certaines hormones de croissance et de neuro-transmetteurs.

C'est pour ces raisons qu'on prescrit souvent de l'exercice physique pour contrer ou retarder certaines maladies dégénératives ou même combattre la dépression ou encore des déficits attentionnels. En fait l'OMS préconise maintenant l'exercice physique comme "moyen global de prévention des troubles de la santé".

Mais il semble que ce ne soit pas suffisant au niveau du cerveau. En effet, faire de l'exercice engendre la création de nouveaux neurones, mais ces nouveaux neurones disparaîtront dans les deux prochaines semaines s'ils ne sont pas intégrés au réseau neuronal existant de la personne.

Les tâches impliquant un effort intellectuel important aident à leur survie. Donc pour conserver ces nouveaux neurones, il faut pousser le cerveau hors de ses limites en le faisant participer à des activités physiques qui soient aussi exigeantes sur le plan intellectuel.

Il faut en fait provoquer une compétition entre les muscles et le cerveau qui demande une capacité de concentration accrue et qui forcera petit à petit le corps et le cerveau à s'adapter.

Certaines universités ont mis au point des activités de ce genre pour fin de recherche en laboratoire. Mais mettre en oeuvre ces activités chez soi est assez difficile.

Mais il y a une bonne nouvelle par contre; c'est que ces activités complexes au niveau physique et intellectuelles existent déjà dans le monde de tous les jours: ce sont les activités sportives.

Malheureusement, il existe un problème dans notre société: la spécialisation.

Les clés du développement continuel du cerveau sont la nouveauté, la diversité et la complexité. Ces aspects sont très présents dans le début de notre vie ou encore dans le début de l'apprentissage d'une nouvelle activité sportive mais ils deviennent de plus en plus rares avec l'âge à cause de la spécialisation. En vieillissant, on se spécialise toujours plus. On devient un expert qui joue sur ses acquis. Et dans le sport, c'est la même chose.

Casser cette spécialisation est la solution au problème, mais cela demande beaucoup d'efforts et beaucoup de volonté.Mais attention aux conclusions trop hâtives, rechercher la nouveauté ne veut pas dire changer de sport ou d'activités.

Par exemple, vous pratiquez le tennis de table de compétition. Faites des choses que vous n'avez jamais faites qui favoriseront la nouveauté et la diversité.


  • Expérimentez un nouveau geste: vous n'avez jamais fait comme la défense coupée. Allez-y, commencer. 
  • Tentez de jouer avec un oeil fermé.
  • Vous êtes un attaquant en temps normal, essayez d'apprendre à jouer défensivement en bloquant ou en lobant.
  • Vous n'avez jamais fait de services "marteau", commencez dès aujourd'hui.
  • Ou encore, jouez avec deux balles en même temps.
  • Jouez plus souvent en double et en double mixte.
  • Changez la disposition des tables.
  • Jouez avec différents types de balles.
  • Changez les règles: laissez la balle rebondir à terre avant de la frapper.
  • Exercez-vous à jouer avec un robot qui vous envoie des  balles inhabituelles au niveau de la vitesse et de l'effet.

Tous ces petits exercices vont forcer votre corps et votre cerveau à s'organiser autrement et ainsi créer de nouveaux neurones et de nouvelles connexions dans votre tête.

Vous allez faire face à de nouvelles exigences, que vous ne pouvez pas résoudre avec vos automatismes habituels. Vous allez devoir repenser votre façon de jouer et cela va relancer le remodelage de vos neurones.

Bien entendu, si vous ne faites ça qu'une fois par mois ponctuellement, les changements neuronaux seront minimes et ne persisteront pas. Si vous le faites régulièrement, non seulement vous enrichirez votre style de jeu, mais de plus vous apporterez des modifications permanentes à votre cerveau.

Tous ces petits exercices apportent de la nouveauté et de la diversité, mais il vous faut aussi de la complexité. Et c'est là qu'intervient la compétition.

La compétition poussée à l'extrême peut conduire à des comportements aberrants dans certains sports comme le dopage par exemple. Par contre, lorsqu'elle est utilisée de façon positive, elle peut avoir de très bons effets sur la personne qui fait de la compétition.

En effet la compétition favorise la motivation via la fixation d'objectifs personnels. En affrontant régulièrement des adversaires différents de niveaux similaires, l'athlète est amené à chercher des solutions à des problèmes complexes. L'adversaire devient alors un problème à résoudre. Cela amène le pongiste qui cherche à résoudre ces problèmes que constituent ses adversaires à repousser ses limites physiques mais aussi mentales.

Il faut donc apprendre aux athlètes à chercher et trouver des solutions lorsqu'ils affrontent des adversaires en compétition et à voir ce processus comme étant une partie intrinsèque de leur développement en tant qu'athlète mais aussi en tant que personne.

Aujourd'hui, il faut donc changer la notion générale que nous avons tous que le sport est bon pour la santé pour cette notion plus complète qui est que le sport est bon pour la santé physique et mentale.


Inspirations et référence:
http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/e/espace-numerique-detail.php?art_id=33858&num=21

L'article intitulé "Le sport rend plus intelligent" de David Moreau dans la revue L'essentiel Cerveau & Psycho dont le sujet est "D'où vient le mental des Champions ?" Février-Avril 2015

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